Système de levage par vide pour poutres jusqu’à 13,5 mètres : comment MiniFlat a repensé l’alimentation de sa CNC
« Qui veut usiner 13,5 mètres avec précision doit aussi réfléchir à la manière d’amener cette poutre jusque-là. »
Des poutres en bois de 13,5 mètres, usinées avec une précision d’un dixième de millimètre. Telle était l’ambition de MiniFlat lorsqu’elle a entièrement repensé sa production à Beverlo. Mais pour travailler de telles longueurs, il faut aussi savoir exactement comment amener ces poutres sur la nouvelle machine CNC de manière sûre, stable et ergonomique. En collaboration avec Fleetwood, une solution de levage à vide sur mesure a donc été développée afin que l’approvisionnement soit aussi réfléchi que la CNC elle-même.
À Beverlo, MiniFlat réalise chaque année des centaines de vérandas, d’annexes et de rénovations complètes. La conception, la production et la pose sont entièrement réalisées en interne. Le bois, l’aluminium et l’acier y sont transformés sur mesure.
Les bâtiments dans lesquels MiniFlat travaillait depuis des années avaient presque soixante ans. Ils avaient rendu de bons services, mais offraient peu de possibilités d’optimisation supplémentaire.
« Nous avons tout démoli », explique Guy Monnissen, directeur technique de MiniFlat. « Tous les halls de production ont été rasés. Seul le showroom est resté en place, nous l’avons rénové. Pour le reste, tout a été reconstruit. Nous disposons aujourd’hui d’un tout nouvel atelier de 9 000 m². »
Des opportunités uniques
Cette nouvelle construction a offert des possibilités uniques, comme la réorganisation de la production, le positionnement stratégique des machines et l’optimisation des flux logistiques. L’un des investissements majeurs a été une nouvelle machine à commande CNC pour l’usinage des poutres en bois. Là où auparavant seules des poutres de six mètres maximum étaient traitées, il est désormais possible de scier, percer et fraiser des longueurs allant jusqu’à 13,5 mètres avec une précision exceptionnelle.
« Cette machine travaille avec une précision incroyable », explique Guy. « En outre, nous avons beaucoup moins de pertes de bois, car nous pouvons désormais travailler des poutres plus longues en une seule pièce. » Cette précision nécessitait également un système d’approvisionnement adapté.
Repenser l’approvisionnement
Les poutres utilisées par MiniFlat sont livrées en grands paquets, avec des hauteurs comprises entre 20 et 32 centimètres. Elles sont soigneusement empilées dans l’atelier, à des distances variant de six à quinze mètres de la machine. Soulever une poutre de 13,5 mètres et la déposer parfaitement à l’horizontale sur une table CNC, sans fléchissement, n’est pas une opération évidente.
« Même à deux personnes, c’est extrêmement lourd », explique Guy. « Et quand on essaie simplement de la soulever avec le pont roulant, la poutre se courbe fortement. Il est impossible d’obtenir une pose parfaitement plane sur la table. De plus, nous ne voulons pas que les opérateurs se tiennent sous la charge ou doivent se contorsionner dans des positions inconfortables. »
Il est vite apparu que l’investissement dans la CNC devait s’accompagner d’un investissement dans l’approvisionnement. Non pas comme une solution d’urgence, mais comme une suite logique.
Du standard au sur mesure
La recherche a amené MiniFlat à entrer en contact avec Fleetwood et le fabricant allemand Fezer. La technique de levage à vide était déjà connue dans les opérations de montage, notamment pour la pose de vitrages. Pour des poutres en bois brut de cette longueur, le doute subsistait.
« Ma première question a été : le vide va-t-il vraiment fonctionner sur du bois ? » reconnaît Guy. « La surface n’est pas parfaitement lisse. N’y a-t-il pas un risque de perte d’adhérence ? »
Klaas Lecluyse de Fleetwood se souvient de cette conversation : « Ce doute est compréhensible. C’est pourquoi nous avons tout calculé : poids, sections, centre de gravité, fléchissement. Rien dans ce système n’est standard. Tout a été adapté aux poutres utilisées par MiniFlat. »
Une ingénierie axée sur la stabilité et le centre de gravité
Quatre ventouses à vide ont été prévues, positionnées stratégiquement sur une structure tubulaire en acier suffisamment résistante pour éviter tout fléchissement. L’analyse ne s’est pas limitée à la capacité de levage. La longueur du bras, la position du centre de gravité et la rigidité structurelle de la construction porteuse ont également été étudiées avec précision. « Si ce n’est pas parfaitement calculé, la poutre bascule immédiatement », explique Guy. « Et avec 13,5 mètres, on n’a aucune marge d’erreur. » Le système n’a donc pas été choisi dans un catalogue, mais développé techniquement avec Fleetwood et Fezer autour d’une application très concrète.
L’opérateur au centre
Une condition essentielle pour MiniFlat était que l’opérateur puisse toujours rester sur le côté des paquets de bois. Travailler sous la charge ou manœuvrer au-dessus de piles de bois n’était pas envisageable. « Une configuration standard signifierait qu’on se tient au milieu de la poutre », explique Guy. « Mais dans ce cas, on doit encore la faire pivoter de 180 degrés ou se déplacer au-dessus des autres piles de bois. Nous voulions absolument éviter cela. »
Les commandes ont donc été intégrées à l’extrémité du système, permettant à l’opérateur de contrôler le système de levage à vide à l’aide de deux leviers et de guider la poutre de manière maîtrisée vers la machine. Le pont roulant couvre toute la distance entre la zone de stockage et la CNC.
Une seule personne, un contrôle total
Aujourd’hui, chaque poutre est saisie par quatre ventouses, maintenue parfaitement à l’horizontale et déposée directement sur la machine. « Une seule personne suffit », explique Guy. « Et cette personne ne se tient jamais sous la charge. Cela change tout. » La CNC fonctionne à pleine vitesse et exploite pleinement sa précision. Mais tout aussi important : le levage lourd a disparu du travail quotidien.
Investir dans les personnes
Pour MiniFlat, cette solution s’inscrit dans une vision plus large. La rénovation du hall de production s’est accompagnée de plusieurs améliorations ergonomiques. Dans l’atelier de peinture et de pulvérisation, par exemple, un système de rails a été installé, capable de descendre à hauteur de travail afin que les poutres lourdes n’aient plus à être accrochées au-dessus de la tête.
« Nous n’investissons pas uniquement dans les machines », souligne Guy. « Les gens doivent travailler plus longtemps. Il faut donc créer les conditions qui le permettent. Il ne s’agit pas seulement de rendement, mais aussi de santé. »
Installation en interne
L’installation du système de levage à vide a été réalisée en grande partie en interne par le service technique de l’entreprise. Fleetwood a accompagné la mise en place, inspecté l’installation et validé son fonctionnement sur la base des calculs réalisés au préalable. « Tout a été analysé et calculé à l’avance », explique Klaas. « Nous ne fournissons pas simplement des composants isolés, mais un ensemble cohérent et réfléchi. »
Ce qui avait commencé comme un investissement dans la précision s’est transformé en un investissement dans le flux de production et l’ergonomie. Qui veut usiner 13,5 mètres avec précision doit aussi maîtriser tout le processus en amont. Ou, comme le résume Guy : « La machine travaille vite et avec précision. Mais c’est l’approvisionnement qui rend cela possible. »
Qu’est-ce qu’un système de levage par vide ?
Un système de levage par vide utilise une dépression pour soulever et déplacer en toute sécurité des matériaux lourds tels que des poutres ou des panneaux en bois. En utilisant plusieurs ventouses, le poids est réparti et un seul opérateur peut positionner des charges lourdes de manière contrôlée, sans effort physique.